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Adapter la monarchie au Canada

Voici deux idées qui contribueraient grandement à faire en sorte que la monarchie continue d’être un élément fondamental du système de gouvernement et des lois du Canada :

  • Ne mettez pas la tasse du roi Charles sur le billet de 20 $.
  • Et modifier le serment de citoyenneté afin que les nouveaux arrivants au Canada prêtent allégeance d’abord et avant tout à leur pays d’adoption.

Contrairement à l’abolition de la monarchie – une idée à la fois erronée, historiquement mal informée et constitutionnellement impossible – ces deux mesures peuvent être accomplies par de simples actes du Parlement. Et les deux aideraient à adapter la monarchie aux réalités du Canada du XXIe siècle.

Je dis cela en tant que personne qui croit que la monarchie a bien servi le Canada et que toute tentative de la remplacer par une forme quelconque de gouvernement républicain est une course folle.

Mais alors que nous devrions nous en tenir à la monarchie, nous ne sommes pas coincés avec exactement la forme de monarchie que nous avons maintenant. Nous pouvons changer beaucoup de choses à ce sujet, et nous le devrions.

En fait, la monarchie a survécu pendant des siècles précisément parce qu’elle a été si adaptable. Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé lorsque l’homonyme du nouveau roi, Charles Ier, s’est planté dans ses talons et a refusé de se retransformer au milieu du XVIIe siècle ? Il a fini par perdre la tête – littéralement.

La monarchie a obtenu une seconde chance en Grande-Bretagne, et elle a appris une leçon précieuse : mieux vaut se plier avec le temps que rompre, ou plus précisément être brisée par le Parlement et le peuple.

Dans cet esprit, même ceux qui appuient le principe de la monarchie au Canada doivent reconnaître que l’avènement de Charles III entraînera une perte de popularité. En fait, c’est déjà le cas. Et frotter l’image de Charles sur le visage des gens chaque fois qu’ils mettent la main dans leur portefeuille risque de nourrir une réaction contre l’institution elle-même.

Aucune loi ou convention constitutionnelle ne nous oblige à remplacer l’image d’Elizabeth sur notre monnaie par celle de son fils. Cela dépend entièrement du gouvernement en place, par l’intermédiaire du Parlement.

Nous avons déjà minimisé la place du monarque sur l’argent. Après qu’Elizabeth soit devenue reine en 1952, une nouvelle série de billets de banque canadiens est apparue avec son visage sur chacun, des billets de un et deux dollars (pas de huards ni de toonies à l’époque) au billet de 50 $.

Maintenant, l’ancienne reine n’apparaît que sur les vingt. Nous pouvons sûrement trouver un autre Canadien digne de ce nom. Je suppose que Charles comprendra – après tout, il est promettant une monarchie “allégée” en Bretagne même. Il peut voir de quel côté souffle le vent.

Deuxièmement, allons réécrire le serment que les nouveaux Canadiens doivent prêter pour prétendre à la citoyenneté. À l’heure actuelle, ils doivent s’engager à « être fidèles et à porter une véritable allégeance à Sa Majesté le roi Charles III, roi du Canada, à ses héritiers et successeurs… » et ainsi de suite. C’est comme quelque chose de “Game of Thrones”.

Pour permettre aux nouveaux citoyens de jurer d’abord et avant tout leur loyauté envers le Canada lui-même, le Parlement peut modifier le serment à tout moment, sans rien modifier d’essentiel au rôle de la monarchie dans ce pays.

Nous devrions prendre l’exemple de l’Australie, un autre des royaumes du roi Charles, qui en 1994 a abandonné le serment à la reine et l’a remplacé par un éloquent « Pledge of Commitment » par lequel les nouveaux citoyens déclarent :

“Je promets ma loyauté à l’Australie et à son peuple, dont je partage les convictions démocratiques, dont je respecte les droits et les libertés, et dont je soutiendrai les lois et j’obéirai.

Agréable. Insérez « Canada » et vous y êtes à peu près. En fait, le Parlement a modifié le serment de citoyenneté l’année dernière pour ajouter une reconnaissance des droits des Autochtones. Il devrait revenir en arrière et terminer le travail.

Le Canada a déjà une monarchie « allégée », pour reprendre l’expression de Charles. Son rôle dans notre vie publique s’est progressivement réduit au fil des ans, à mesure que le pays lui-même évoluait et que nos liens avec la Grande-Bretagne devenaient de plus en plus ténus.

Éloigner Charles de la monnaie et réécrire le serment de citoyenneté ne seraient que deux étapes de plus sur cette voie – et un moyen de garantir que le Canada reste une monarchie pendant très longtemps.

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