Cette taxe de ramassage fictive pourrait aider à résoudre un problème très réel

Vous avez peut-être entendu récemment que le Parti libéral du Canada vient chercher votre camion; que d’un jour à l’autre, il imposera une taxe élevée sur votre Ram 1500.

Dans une vidéo récente, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a dit autant se tenir avec désinvolture, comme on le fait, devant une flotte de camionnettes blanches. Dans ses propres mots : « Juste au moment où vous pensiez que les libéraux fédéraux ne pouvaient pas être plus déconnectés, devinez quoi? Ils prévoient maintenant d’imposer une taxe punitive aux travailleurs qui achètent des camionnettes.

Seulement ils ne le sont pas. Comme l’explique Supriya Dwivedi, chroniqueuse de Star, dans une chronique récente, les dirigeants du parti conservateur suscitent l’indignation à propos d’une taxe qui n’existe même pas. Ce qui existe, c’est une recommandation d’un groupe consultatif indépendant d’élargir la taxe « verte » existante du Canada pour les véhicules énergivores (une taxe imposée à l’origine par le gouvernement de l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper, rien de moins).

Cette recommandation apparaît dans le rapport du gouvernement fédéral sur le plan de réduction des émissions, non pas parce que le gouvernement fédéral est amoureux de l’idée (de son propre aveu, ce n’est pas le cas), mais parce qu’il est tenu de partager les recommandations qu’il reçoit avec le public.

Mais comme le souligne Dwivedi, rien de tout cela n’est très sexy du point de vue d’un partisan. Si vous êtes un conservateur qui veut s’en tenir aux Libs, mieux vaut dire « Trudeau vient chercher votre camion » que « un groupe indépendant recommande d’élargir la taxe que nous avons imposée en premier lieu ».

Ou plutôt, mieux vaut suivre ce qui suit, de Kris Sims, le directeur de la Colombie-Britannique de la Fédération canadienne des contribuables dans une récente chronique du Toronto Sun : « Votre petit VUS pourrait être le prochain dans les chutes. Pensez au Honda CR-V ou au Toyota RAV4 qui vous emmènent à l’épicerie même lorsque les rues n’ont pas été dégagées en hiver… S’ils vont de l’avant avec ce changement, qu’est-ce qui empêche le gouvernement Trudeau de cibler les plus petits Chevy Blazers et Ford Explorers la prochaine fois? Un trait de plume pourrait imposer la taxe sur des dizaines d’autres véhicules.

Bien sûr, ce n’est pas le cas et ce ne sera pas le cas. Mais au risque de couper un millier de comptes Twitter avec des avatars du drapeau canadien sur moi, je dois demander, et si c’était le cas ? Jusqu’à présent, la plupart des discussions autour de cette « taxe » se sont attachées à prouver qu’elle n’existe pas. Mais peut-être que ça devrait exister.

En réalité, nous payons tous le prix — en dommages climatiques, en coûts de santé et en sécurité routière urbaine — de la popularité de ces véhicules. Pourquoi leurs propriétaires ne devraient-ils pas payer aussi ?

Selon le journaliste environnemental Oliver Milman écrivant dans le Guardian en 2020, «Aux États-Unis, les SUV émettent en moyenne 14% de dioxyde de carbone de plus que les petites voitures particulières… Autrefois, un bourreau de travail qui traînait des outils ou était utilisé pour une conduite hors route cahoteuse, le SUV est devenu l’option par défaut pour les familles qui se promènent en banlieue et même pour les personnes vivant au cœur des villes densément peuplées.

En parlant de villes, celle-ci a un plan climatique qui fait passer la prétendue taxe sur les camions du gouvernement fédéral pour de la monnaie.

L’année dernière, le comité de l’infrastructure et de l’environnement de Toronto a voté pour repousser la date limite de l’objectif de zéro émission nette de TranformTO de 10 ans, de 2050 à 2040. Le plan comprend des objectifs ambitieux tels que « 30 % des véhicules immatriculés à Toronto sont électriques », d’ici 2030. , « 75 % des trajets école/travail de moins de cinq kilomètres se font à pied, à vélo ou en transport en commun » et « Toutes les nouvelles maisons et tous les nouveaux bâtiments seront conçus et construits de manière à produire des émissions de gaz à effet de serre proches de zéro ».

Il envisage également la gratuité du transport en commun et le péage des artères.

Selon les reportages de Francine Kopun et David Rider du Star l’an dernier, «Toronto Hydro affirme qu’il en coûtera jusqu’à 10 milliards de dollars pour construire le réseau de distribution d’électricité élargi nécessaire pour atteindre zéro émission nette d’ici 2050… Répondre à cet investissement en capital pourrait entraîner des revenus annuels des augmentations de tarifs de 8 à 9 % pour les clients résidentiels de Toronto Hydro, de 2025 à 2029. Entre 2030 et 2034, les tarifs pourraient augmenter de 5 à 6 % par an, en moyenne.

En d’autres termes entre 2025 et qui sait quand les Torontois pourraient être extrêmement irrités par le gouvernement municipal. Mais j’espère que nous reconnaîtrons que le compromis en vaut la peine (sauver littéralement la planète, ou à tout le moins, tenter d’éviter sa destruction).

Il n’y a pas de solution facile pour sortir de la crise climatique. Chaque chemin est douloureux et nécessite des sacrifices, qu’ils soient financiers, comportementaux ou les deux. Si l’explosion d’indignation de ce mois-ci à propos d’une taxe environnementale qui n’existe pas nous a appris quelque chose, c’est que de nombreux Canadiens ne peuvent même pas supporter l’idée d’un tel sacrifice.

Pensez-y : la simple recommandation d’une taxe sur certains véhicules – c’est-à-dire une bouffée de politique climatique agressive – nous a effrayés. Nous ne serons peut-être jamais prêts pour la vraie chose jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

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