Élection française : Les visions concurrentes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen qui façonneront l’avenir de la France et de l’Europe | Nouvelles du monde

L’élection française est finement équilibrée.

Avec les sondages montrant la course à la présidence bien plus serrée qu’en 2017et l’écart juste supérieur à la marge d’erreur, il est toujours possible que l’opérateur historique Emmanuel Macronou son concurrent dans le second tour Marine Le Pen pourrait gagner.

Bien qu’il soit trop proche pour être appelé, ce qui est certain, c’est que celui qui gagnera aura un effet profond non seulement sur l’avenir de Francemais aussi sur l’Europe, sur les relations entre les pays occidentaux et même sur les Britanniques.

Voici quelques éléments des visions concurrentes de M. Macron et Mme Le Pen :

Macron

M. Macron n’est plus considéré comme l’outsider qu’il était autrefois depuis il a accédé au pouvoir dans une refonte radicale de la politique française en 2017. L’enthousiasme pour un nouveau type de politique qui a fait que les candidats de la gauche et de la droite françaises ne se sont même pas présentés au second tour en 2017 a diminué, à mesure qu’il s’est établi.

À sa place, il y a eu de nombreuses manifestations au cours des cinq dernières années, menées par un grand groupe de personnes qui ont estimé qu’il n’avait pas représenté leurs intérêts – en particulier dans sa volonté de simplifier la législation du travail, qui pourrait être considérée comme un pilier de l’identité française.

Le style dynamique, parfois autoritaire, de M. Macron a été interprété par certains comme arrogant, aggravant davantage ceux qui se sont opposés à lui, y compris les Gillet Jaunes (gilets jaunes) parfois émeutiers. S’il gagne, M. Macron s’est engagé à aller plus loin dans ses réformes de libéralisation et à faire passer l’âge de la retraite de 62 à 65 ans. Les analystes ont déclaré s’attendre à d’autres manifestations.

Le Pen

Mme Le Pen, quant à elle, a ignoré sa lourde défaite face à M. Macron en 2017, se réorganisant ainsi que sa politique dans le but de rechercher une base politique plus large. L’héritage de son père antisémite Jean-Marie pesait lourdement sur elle dans le passé et elle a travaillé dur pour recadrer sa campagne, atténuant une partie de la rhétorique d’extrême droite qui a incité de nombreuses personnes qui s’opposaient fermement à ses opinions à sortir et à soutenir M. Macron, même s’ils ne l’aimaient pas beaucoup.

Cette fois, dans un parti rebaptisé – Rassemblement national, plutôt qu’ancien Front national -, son mantra est un appel à une “priorité nationale”, qui place les Français d’abord dans le logement social, l’emploi et la protection sociale, mais aussi à l’international, vaguement en écho Le slogan Make America Great Again de Donald Trump.

Pour cette raison, et son attention régulière sur la nécessité de lutter contre l’immigration, elle a été accusée d’être d’extrême droite, et il y a déjà eu des protestations contre elle. Les analystes disent que plus de protestations sont garanties si elle gagne.

Macron

M. Macron est un fervent partisan de l’euro – et a clairement exprimé ses ambitions pour le bloc à plusieurs reprises au cours des cinq dernières années, au cours desquelles le processus du Brexit a renforcé sa détermination. Il assure actuellement la présidence du Conseil de l’Europe et en a profité pour défendre la solidarité et la démocratie – également pierres angulaires de l’identité française – comme étant au cœur du projet européen.

Ses plans pour les cinq prochaines années comprennent le renforcement des droits des Européens, la réduction de la dépendance européenne vis-à-vis du charbon, du gaz et du pétrole importés et l’augmentation de la dépendance du bloc vis-à-vis de ses propres infrastructures et technologies essentielles. Parmi les questions sur lesquelles il est revenu à plusieurs reprises figure la volonté d’une approche commune dans l’utilisation des armées européennes, dans le but de faire de l’Europe une puissance militaire à part entière.

Le Pen

En revanche, bien qu’elle ait abandonné son désir de quitter l’UE, Mme Le Pen affirme désormais vouloir “réformer l’Union européenne de l’intérieur”. Ce faisant, elle se considère comme une alliée naturelle des gouvernements populistes polonais et hongrois, qui ont tous deux été fortement critiqués pour avoir renversé les principes fondamentaux de l’UE sur l’état de droit européen et la prise de décision collective. Son manifeste indique qu’elle chercherait à remplacer progressivement l’Union européenne par une Alliance européenne des nations.

La première ligne pour le scrapheap serait la relation existante de la France avec l’Allemagne. Elle a déclaré qu’il serait “réformé de manière significative” et que l’industrie française doit rester souveraine. Les programmes de défense industrielle conjoints existants avec l’Allemagne, tels que le système de combat aérien SCAF et le char Leclerc du futur seraient conclus et lors d’une récente conférence de presse, elle a clarifié sa position en accusant M. Macron de ne pas “défendre les intérêts de la France” contre l’Allemagne. .

M. Macron dit que l’élection n’est pas seulement une bataille pour façonner l’avenir de la France, mais une bataille pour l’avenir de l’Europe, et a attaqué ce qu’il appelle l’agenda caché de son rival pour quitter l’UE.

Macron

Pendant un moment, il a semblé que M. Macron pouvait être le principal espoir de l’Occident d’éviter une guerre en Ukraine, car le président français avait des conversations régulières et partageant des visites occasionnelles avec Vladimir Poutine. Mais l’invasion de l’Ukraine l’a fait paraître instantanément plus naïf qu’il aurait pu le souhaiter, pris à contre-pied par le dirigeant russe.

Bien que M. Poutine ait lancé une guerre, M. Macron a continué d’essayer de parlerjusqu’à ce que l’ampleur et la brutalité des actions de la Russie deviennent trop importantes et il a depuis déclaré qu’il avait mis fin à son dialogue et qu’il montrait maintenant son soutien clair à l’Ukraine.

Il a cessé de convenir avec d’autres dirigeants occidentaux que les actions de la Russie constituent un génocide, peut-être pour garder la porte ouverte au Kremlin pour de futures négociations. Néanmoins, il a soutenu l’envoi d’armes aux forces ukrainiennes et le renforcement des sanctions contre la Russie.

Le Pen

Pendant ce temps, avant la guerre, Mme Le Pen était une admiratrice ouverte de M. Poutine et a déclaré qu’en tant que présidente, elle bloquerait les sanctions européennes contre le pétrole et le gaz russes. Sa relation avec la Russie a fait l’objet d’une intense attention lors du débat télévisé de mercredi, lorsque Mme Le Pen a été forcée de défendre un prêt bancaire que son parti avait contracté auprès d’une banque en partie russe.

Sa position a un peu changé depuis 2017. Lors des élections précédentes, Mme Le Pen a déclaré qu’elle partageait les mêmes valeurs que M. Poutine et qu’un “nouvel ordre mondial” était possible avec lui, le président américain de l’époque, Donald Trump, et elle à la tête de leurs des pays.

Plus récemment, elle a condamné l’invasion de l’Ukraine par M. Poutine mais a déclaré que la Russie devrait être traitée comme un allié à l’avenir, proposant un “rapprochement stratégique” lorsque la guerre sera terminée et des relations plus étroites entre l’OTAN et la Russie pour contrer la menace chinoise.

Les analystes disent que sa victoire à la présidence ferait beaucoup pour menacer le front commun de l’UE et les sanctions en réponse à la Russie.

Interrogée sur l’aide militaire à l’Ukraine, Le Pen a déclaré qu’elle poursuivrait son soutien en matière de défense et de renseignement à Kiev, mais qu’elle était “plus réservée sur les livraisons directes d’armes… parce que… la frontière est mince entre l’aide et le fait de devenir un co-belligérant”.

Macron

En tant que ferme pro-européenne, M. Macron est marié au cadre établi de la défense collective occidentale qui s’appuie sur l’OTAN. La France a été l’un des membres fondateurs du pacte, et si elle s’est retirée de la structure de commandement qui permet au groupe d’agir collectivement en utilisant des forces conjointes de 1966 à 2009, elle a participé à de nombreuses missions de l’OTAN au fil des ans.

Depuis que M. Macron est devenu président, la France a continué à apporter des contributions importantes aux efforts de l’OTAN, bien qu’elle ait également entrepris des opérations non OTAN comme son intervention au Sahel, dont il s’est depuis retiré.

En démontrant son engagement envers l’OTAN, sous M. Macron, les dépenses de défense de la France ont atteint le seuil minimum de 2 % du PIB préconisé par les États-Unis et il s’est engagé à continuer à ce niveau, avec des projets de rapprochement avec d’autres pays de l’UE.

Le Pen

Mme Le Pen souhaite cependant que la France quitte le commandement intégré de l’OTAN dès 2022. Comme indiqué précédemment, la France en a été retirée par le président De Gaulle dans les années 1960 et ce n’est que sous le président Sarkozy qu’elle l’a rejoint. Ses partisans disent que cela n’affecterait pas l’adhésion de la France à l’OTAN et permettrait à la France de faire passer ses intérêts en premier.

Mme Le Pen a également exclu de placer les troupes françaises sous le commandement de l’UE et ne souhaite pas suivre le virage stratégique de l’administration Biden vers la région Asie et Océanie.

Cependant, elle prévoit toujours d’augmenter les dépenses de défense à 55 milliards d’euros, une augmentation significative par rapport aux 41 milliards d’euros dépensés en 2022.

Elle soutient également une extension à le traité d’accord stratégique de 10 ans de Lancaster House avec le Royaume-Uni – pour une coopération sur le nucléaire et d’autres initiatives de défense. Les analystes disent que c’est naïf car tout plan visant à devenir un allié plus proche d’une Grande-Bretagne post-Brexit tout en renégociant ses relations avec les États-Unis, l’Allemagne et la Russie serait irréalisable.

Macron

Un certain nombre de commentateurs ont déclaré qu’avec le soutien croissant de l’extrême droite, M. Macron a pivoté vers la droite à partir de ses positions typiquement centristes, avec des promesses d’immigration dans son sillage.

Il a déclaré vouloir réformer Schengen pour renforcer les frontières européennes, créer une “force frontalière” nationale pour renforcer les frontières nationales, refondre les procédures d’asile pour accélérer les décisions et expulser les étrangers qui enfreignent la loi.

Le Pen

Mais il lui reste encore du chemin à parcourir avant d’être accusé d’être aussi anti-immigrés que Mme Le Pen, dont les propositions ont suscité des niveaux de peur sans précédent parmi les Français nés à l’étranger.

Elle veut interdire le port du voile – souvent porté par les femmes musulmanes – en public et veut également interdire l’abattage rituel – impactant la nourriture consommée par les juifs et les musulmans – si elle est élue dimanche.

Elle a déclaré qu’elle soumettrait également un projet de loi sur l’immigration et l’identité nationale à un référendum dans les six mois suivant son arrivée au pouvoir, de sorte que, si la loi est adoptée, environ 3,5 millions de personnes en France n’auraient soudainement pas les mêmes droits que ceux la loi décide sont de nationalité française. Le projet de loi doit faire l’objet d’un référendum car les experts juridiques disent qu’il est inconstitutionnel.

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Ceux qui pourraient être ciblés comprennent des personnes qui vivent en France depuis des décennies, disent les opposants, et même des personnes qui sont devenues citoyennes françaises. Elle devrait se traduire par un accès réduit des personnes nées hors de France aux emplois du secteur privé et de la fonction publique, ainsi qu’au logement social, à la santé et aux prestations sociales.

Il supprimerait le droit des résidents nés à l’étranger en France de travailler, entre autres, pour La Poste, EDF, la SNCF et les entreprises des secteurs social et de la santé et permettrait également aux autorités d’imposer des “sanctions pénales ou administratives” à quiconque ne respecte pas les règles.

Bien qu’elle soit députée d’une circonscription du Pas-de-Calais, Mme Le Pen n’a pas été ouverte sur les conditions auxquelles sont confrontés les migrants qui tentent d’atteindre le Royaume-Uni, mais la semaine dernière, elle a salué le projet de Boris Johnson d’envoyer au Rwanda des demandeurs d’asile qui viennent au ROYAUME-UNI. Elle a déclaré à BFM TV qu’elle préférerait voir un système moins cher utilisé par la France, impliquant que les demandeurs d’asile soient traités dans les consulats français à l’étranger.

Macron

La France a fait l’objet d’un examen minutieux pour déterminer dans quelle mesure elle s’est engagée envers les objectifs de la Accord de Paris sur le climat, avec les manifestations d’Extinction Rebellion observées la semaine dernière dans la capitale du pays. Cela a conduit M. Macron à affirmer son enthousiasme pour l’objectif net zéro de son pays en 2050 et à soutenir les plans qui, selon lui, leur permettront d’y parvenir.

Parmi eux figurent des projets de mise à l’échelle massive du solaire, de l’éolien offshore et du nucléaire et, a-t-il déclaré, l’Europe devrait imposer une taxe sur le carbone à toute personne se trouvant à l’intérieur de ses frontières.

Il a également promis plus de transports publics dans tout le pays pour sevrer les gens des voitures.

Le Pen

Mme Le Pen a précédemment épousé des opinions sceptiques sur le climat, mais dans sa dernière campagne, elle a déclaré qu’elle n’abandonnerait pas les objectifs de l’accord de Paris. BFM TV a rapporté qu’elle souhaitait échanger les combustibles fossiles contre davantage d’énergie nucléaire et s’est également engagée à relancer les secteurs nucléaire et hydroélectrique et à stimuler la production et l’utilisation d’hydrogène.

Elle a cependant été vivement critiquée par les écologistes pour avoir inclus dans son manifeste qu’elle arrêterait les futurs projets éoliens et démantèlerait progressivement les parcs éoliens existants.

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