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Emmanuel Macron cherche à dissiper les inquiétudes d’une dérive au second mandat

PARIS – Dans sa première interview télévisée depuis sa réélectionle président français Emmanuel Macron a adopté jeudi un ton combatif pour tenter de rassurer les Français qu’il était fermement au volant pour relever des défis allant de l’inflation au changement climatique.

Après un début de second mandat laborieux qui avait alimenté les craintes que l’apathie s’empare de la présidence, M. Macron a rejeté l’idée que le pays se dirigeait vers cinq ans “d’immobilisme” après avoir perdu sa majorité absolue le mois dernier à la chambre basse du Parlement.

“Pas du tout”, a-t-il dit, avant de sourire aux deux journalistes des chaînes de télévision TF1 et France 2 qui l’interviewaient sur la pelouse de l’Élysée, et d’ajouter : “Vous n’avez pas entendu ce que j’ai dit pour le heure passée !”

M. Macron, d’apparence énergique, avait beaucoup dit — sur les dépenses militaires françaises et la hausse de l’inflation dans le contexte de la guerre en Ukraine, sur la nécessité de lutter contre le changement climatique alors que la France essaie de faire face aux incendies de forêt et à une vague de chaleur étouffanteet sur son vœu de réformer le marché du travail et le système de retraite français.

“Je veux que le pays avance”, a déclaré M. Macron dans l’interview du 14 juillet. “Je ferai tout pour trouver des compromis intelligents dans cette voie.”

Depuis sa prise de fonction en 2017, M. Macron avait rompu avec la tradition présidentielle largement observée des entretiens télévisés du 14 juillet, n’en accordant qu’un auparavant, en 2020, au plus fort de la pandémie de Covid-19.

Sa décision de revenir à la tradition jeudi a suggéré qu’il était désireux de renforcer le soutien et de donner à la France un sens de l’orientation qui avait fait défaut au cours des derniers mois.

Une enquête publié cette semaine par l’institut de sondage Ifop a constaté que sa cote de popularité, en baisse depuis son élection, était de 37 %, son plus bas depuis le début de la pandémie.

M. Macron a battu de manière convaincante Marine Le Pen, la dirigeante d’extrême droite, pour remporter un second mandat en avril, mais une mauvaise performance de son parti et de ses alliés du centre droit aux élections législatives, attribuée par certains analystes en partie à son manque de participation à la campagne, a soulevé des questions sur sa capacité à gouverner.

M. Macron a ajouté aux inquiétudes qu’il était à la dérive lorsqu’il a nommé tardivement un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement, pour ensuite peaufiner à nouveau son cabinet au début du mois, cherchant un nouveau départ qui semblait lui échapper alors qu’une série de sommets internationaux et diplomatiques des ouvertures pour arrêter les combats en Ukraine l’ont éloigné de la France.

M. Macron a déclaré jeudi qu’il était convaincu que son gouvernement pourrait trouver un compromis et adopter une législation, arguant que seule une “combinaison baroque” de partis qui sont “complètement opposés les uns aux autres” – une coalition de gauche, celle de Mme Le Pen parti d’extrême droite et les conservateurs traditionnels – pourraient rassembler suffisamment de voix pour le contrecarrer.

Mais c’est précisément ce qui s’est passé cette semaine, lorsque les députés de l’opposition ont rejeté une proposition donnant au gouvernement la possibilité de rétablir les laissez-passer de santé Covid-19 aux frontières de la France.

Le projet de loi n’est pas définitif – il ira au Sénat et peut encore être modifié – mais les développements ont été un revers inquiétant pour le gouvernement et un signe inquiétant alors qu’il espère adopter un projet de loi sur le pouvoir d’achat au cours de l’été.

L’interview de M. Macron est intervenue après un défilé militaire du 14 juillet à Paris qui s’est ouvert avec la présentation des drapeaux des pays invités, pour la plupart des alliés d’Europe de l’Est comme l’Estonie, la Pologne et la Roumanie, et a été suivi par des troupes représentant les forces françaises actuellement déployées sur l’OTAN. flanc est.

“Cette guerre va durer, mais la France sera toujours en mesure d’aider l’Ukraine”, a déclaré M. Macron, accusant la Russie d’utiliser l’énergie comme une arme et affirmant qu’il existait un “risque probable” que le pays couper les flux de gaz vers l’Europe.

“C’est un scénario très difficile et nous devons nous y préparer”, a-t-il ajouté, tout en notant que la France, qui tire environ 70% de son électricité du nucléaire, n’était pas aussi dépendante du gaz russe que certains de ses voisins.

M. Macron a averti que l’impact économique de la guerre deviendrait plus aigu à l’automne et en hiver, et il a déclaré que le gouvernement élaborerait des plans pour économiser l’énergie.

Mais il a également déclaré que son zèle réformiste était intact, annonçant que le gouvernement travaillerait à la réforme du système de chômage français à l’automne pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre. Il a également réitéré son vœu de relever progressivement l’âge légal de la retraite à 65 ans, contre 62 ans, à partir de 2023.

Les opposants ont accusé M. Macron de vanter les vertus du compromis sans en montrer lui-même le moindre appétit – en particulier à gauche, où son programme pro-business, qui n’imposerait pas d’augmentation des impôts aux riches, a été largement rejeté et est considéré comme plus compatible avec le droit.

“Sa main tendue ne s’étend pas vers nous”, a déclaré Olivier Faure, le chef du Parti socialiste. sur Twitter.

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