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En mettant l’économie à risque pour lutter contre l’inflation, la Banque du Canada commet l’erreur habituelle

En visant l’inflation, la Banque du Canada commet une erreur classique. Cela risque d’envoyer l’économie en récession.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, est conscient du danger. Il n’est pas idiot. Mais dans un effort malavisé pour réduire l’inflation, il augmente quand même les taux d’intérêt.

Macklem soutient qu’il vaut mieux agir maintenant que d’attendre que l’inflation domine l’économie. Il craint qu’à moins que la banque centrale n’agisse rapidement pour lutter contre l’inflation, le Canada pourrait être pris dans une spirale salaires-prix.

En fait, il dit qu’il est préférable de ressentir de la douleur maintenant si cela peut permettre aux Canadiens d’éviter plus de douleur plus tard.

C’est l’argument que la banque centrale avance toujours.

Les Canadiens ressentiront certainement de la douleur maintenant. En augmentant son taux d’intérêt de référence d’un point de pourcentage, la Banque du Canada signale qu’elle souhaite que les prêteurs augmentent les taux d’intérêt qu’ils imposent sur tout, des prêts hypothécaires aux prêts bancaires à court terme.

L’espoir ici est que cela mettra suffisamment de personnes au chômage pour faire baisser les taux de salaire. Autrement dit, la banque centrale se concentre sur les salaires dans ses efforts pour contrôler la spirale salaires-prix.

C’est bizarre que ça marche. Lorsque les gens sont interrogés sur l’inflation, ils se concentrent généralement sur les prix plutôt que sur les salaires. Les prix à la pompe à essence, par exemple, sont rarement imputés aux salaires exorbitants versés aux préposés au libre-service.

Cependant, les salaires versés aux jockeys de l’essence relèvent, d’une manière indirecte, de la compétence de la Banque du Canada – en ce sens que les actions des banques peuvent les affecter.

En bref, la banque centrale se concentre sur les taux d’intérêt parce qu’elle le peut. Cela ne servira peut-être à rien. En effet, cela peut causer des dommages. Mais cela a un effet – ce qui est important pour un Macklem assiégé.

Le parcours de la banque centrale est bien connu. Il a emprunté cette voie dans les années 1980 et à nouveau dans les années 90. Dans les deux cas, la banque centrale a utilisé les taux d’intérêt pour encourager la récession et la perte d’emplois afin d’extraire l’inflation du système.

Ça a marché, mais c’était brutal.

Il n’y a aucune raison de croire que la solution de Macklem ne sera pas aussi brutale. Il n’y a pas grand-chose à faire pour lutter contre l’inflation. Au mieux, nous pourrions faire le moins possible. Cela limiterait au moins les dégâts d’une récession auto-infligée, mais cela ne ferait pas grand-chose pour contrer l’inflation.

L’alternative est de prendre l’inflation à plein régime. Cela serait bien accueilli par ceux qui disent que la Banque du Canada a été trop accommodante face à la hausse des prix.

Il plairait à ceux qui appellent à l’amour dur.

Cela rehausserait probablement la stature de Macklem au sein du petit groupe d’initiés d’Ottawa qui dominent la politique économique canadienne.

“Ne plaisante pas avec Tiff” pourrait être le nouveau mot d’ordre.

Je parie que Macklem ira à fond. Pour être juste avec lui, il n’a pas beaucoup d’autres choix. Nous avons l’habitude d’utiliser avec désinvolture des taux d’intérêt élevés pour lutter contre l’inflation. J’espère que cela va continuer. Nous sommes condamnés à revivre nos erreurs.

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