Sante

Il est maintenant beaucoup plus facile pour les Québécoises enceintes d’accéder à la pilule abortive

Depuis plusieurs années, l’accès à la pilule abortive est plus strictement contrôlé au Québec qu’ailleurs au Canada, mais une nouvelle directive émise aux médecins de toute la province change la donne.

À partir de maintenant, les médecins du Québec peuvent prescrire la pilule abortive — également connue sous le nom d’avortement médicamenteux — tant qu’ils se sentent qualifiés pour le faire. Auparavant, les médecins étaient tenus de suivre une formation spéciale en personne pour les avortements médicaux et chirurgicaux.

« Il appartient au médecin de s’assurer qu’il possède les connaissances et les compétences nécessaires pour prescrire ce médicament, comme pour tout autre soin, médicament ou traitement, dans le respect de ses obligations déontologiques », lit-on dans un communiqué du Collège des médecins du Québec, l’organisme professionnel qui établit les règles concernant les avortements dans la province.

La décision du collège intervient moins de deux semaines après qu’un groupe d’au moins 300 médecins du Québec ait signé une lettre ouverte exigeant que les restrictions concernant l’accès aux pilules abortives soient supprimées. Ils soutenaient que les règles provinciales rendaient inutilement plus difficile l’accès aux avortements médicamenteux au Québec.

Les appels à un meilleur accès à l’avortement dans la province se sont intensifiés à la suite de l’annulation controversée du mois dernier de l’affaire Roe c. Wade par la Cour suprême des États-Unis.

Un avortement médicamenteux est disponible au Québec jusqu’à neuf semaines de grossesse et les médecins ont déclaré que de nombreuses patientes pouvaient manquer de temps lorsqu’une échographie était nécessaire, surtout si elles habitaient à l’extérieur des centres urbains.

Pendant des années, les médecins jugés qualifiés pour prescrire la pilule étaient également tenus de faire passer une échographie aux patientes avant l’avortement – ​​une autre règle provinciale qui différait du reste du Canada.

Dans un communiqué publié plus tôt ce mois-ci, le collège a déclaré avoir levé cette obligation pendant la pandémie. Jeudi, il a confirmé que la règle était désormais supprimée pour de bon.

Le collège a déclaré que les changements faisaient partie d’un examen en cours de ses règles concernant les avortements médicamenteux. Il indique qu’il révise la limite de neuf semaines pour de tels avortements, en examinant l’utilisation possible de la télémédecine, les “contributions d’autres professionnels pour prescrire le médicament” ainsi que des outils de formation pour les médecins.

“Le collège s’assurera que les médecins auront une formation à leur disposition pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour prescrire le médicament, sans que cette formation soit obligatoire ou imposée”, lit-on dans le communiqué du groupe.

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