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La discrimination sikhe va au-delà des agents de sécurité de Toronto

La nouvelle a récemment éclaté que plus de 100 agents de sécurité sikhs qui avaient été engagés par la ville de Toronto avaient été licenciés, réaffectés ou rétrogradés pour, essentiellement, avoir trop de poils sur le visage.

Le mandat de la Ville selon lequel le personnel doit être rasé de près pour porter des masques N95 bien ajustés, n’a pas correctement fait d’accommodements religieux et a provoqué cette débâcle.

En tant que sikhs, nous pensons que les cheveux sont un don de Dieu qui doit être protégé et conservé dans son état naturel – il est au cœur de notre identité en tant que sikhs. Couper ou enlever les poils, y compris les poils du visage, est contraire à nos croyances religieuses.

Alors que la Ville s’est excusée et a tenté de régulariser la situation, on se demande encore comment une politique discriminatoire comme celle-ci a pu passer inaperçue ? Surtout dans une ville qui défend la diversité, l’inclusion et l’expression religieuse ?

Pour moi, c’est un triste rappel des luttes contre la discrimination en milieu de travail auxquelles les Sikhs sont confrontés depuis plus d’un siècle au Canada, et que j’ai vécu de première main.

Les pionniers sikhs sont arrivés au Canada en 1897, mais de toute évidence, la discrimination persiste.

Il n’y a pas si longtemps, les articles religieux sikhs étaient purement et simplement interdits dans la fonction publique.

En 1990, Baltej Singh Dhillon a remporté une victoire âprement disputée pour permettre aux Sikhs pratiquants de porter leur turban et de garder leur barbe non tondue dans le cadre de leur uniforme d’agent de la GRC.

En 1993, le vétéran de la Seconde Guerre mondiale Pritam Singh Jauhal s’est battu pour le droit des sikhs de porter des turbans dans les salles de la Légion royale canadienne, après s’être vu refuser l’entrée d’une salle à Surrey, en Colombie-Britannique.

Plus récemment, en 2012, le service de police de Toronto a accepté de réviser ses procédures pour permettre aux sikhs pratiquants de porter des kirpans, qui sont des poignards cérémoniels fondamentaux du sikhisme, lorsqu’ils entrent dans les palais de justice de Toronto.

En tant que Sikh portant un turban, je peux attester que les micro-agressions et la discrimination quotidiennes sont encore courantes sur le lieu de travail.

Je ne peux pas compter combien de fois on m’a posé des questions telles que “D’où venez-vous vraiment, à l’origine?”

« Vous n’avez pas d’accent. Êtes-vous né ici ?

Ou mon préféré “Combien de temps avez-vous les cheveux sous cette… chose à vous?” Oui, mesdames et messieurs, cette “chose”.

À l’extrême, on m’a demandé de ne pas réchauffer le “curry malodorant” au micro-ondes (Remarque : j’ai la mauvaise habitude d’acheter le déjeuner, mais je me réserve le droit de réchauffer le curry un jour si nécessaire !)

Et un collègue m’a dit une fois que, sans les sacrifices de nos anciens combattants au Canada, je serais toujours de retour en Inde pour effectuer des travaux manuels. (Remarque : je suis né et j’ai grandi à Waterloo, en Ontario.)

Le fait d’être « altéré » par des collègues sur le lieu de travail peut avoir des répercussions importantes sur l’individu qui en bénéficie.

Cela peut vous donner l’impression que vous ne pouvez pas être vous-même au travail et réduire votre sentiment général de sécurité psychologique au travail.

La taxe émotionnelle des micro-agressions a été liée à une baisse productivité et un ensemble baisse de la satisfaction au travail.

Devoir constamment se défendre et/ou éduquer ses collègues lorsque ces micro-agressions se produisent peut être pour le moins pénible.

Grâce aux victoires acharnées de nos ancêtres sikhs, les sikhs portant le turban comme moi peuvent désormais pratiquer leur foi et célébrer leur culture avec une plus grande liberté sur le lieu de travail.

Mais ces micro-agressions et ces politiques qui passent inaperçues doivent être traitées.

Pour prévenir de futurs #BeardGates, les employeurs doivent prendre des mesures pour atténuer de manière proactive la discrimination sur le lieu de travail.

Les employeurs ont la responsabilité de créer une culture de travail sécuritaire où les membres du personnel se sentent à l’aise d’être eux-mêmes; où ils ne sont pas obligés de faire des compromis entre leurs croyances et la façon dont ils gagnent leur vie.

Nous devons nous assurer qu’une formation appropriée sur la sensibilité culturelle est offerte aux employés pour les éduquer sur ce qu’il convient de dire ou de demander en milieu de travail.

Nous devons nous assurer de manière proactive que nous avons mis en place des politiques d’approvisionnement qui obligent les fournisseurs contractuels à de solides mesures DEI, au-delà des lois fondamentales de notre code provincial des droits de la personne.

Ces mesures devraient être dirigées par la suite C, avec une consultation active de ceux qui ont été touchés. Sinon, cela peut apparaître comme un coup de pub et non comme un véritable engagement à changer.

Grâce à ces actions collectives, nous pouvons créer une vision partagée plus inclusive et équitable pour tous les employés sur le lieu de travail.

Simmer Anand est un professionnel senior des relations avec les Autochtones basé à Toronto. Envoyez-lui un e-mail à SimmerAnand@gmail.com

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