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Lâchez les loups sur le gerrymandering politique du Canada

Le système électoral défectueux de l’Ontario pèse lourdement sur notre écosystème politique. Peut-être que Mère Nature pourrait offrir une voie vers le progrès.

Les progressistes-conservateurs ont été réélus le mois dernier avec une large majorité de sièges, mais seulement 43 % des voix – souvent qualifiées de « fausses » majorités. Il devrait être présenté comme la propre forme de gerrymandering du Canada.

Les défenseurs du statu quo disent que les fausses majorités sont la meilleure caractéristique du système. Le meilleur (pire ?) exemple était le gouvernement majoritaire néo-démocrate de 1990 sous Bob Rae, avec 37,6 % des voix.

Il n’est pas sain que la majorité des électeurs soit battue sans relâche par une minorité. C’était plus de 90 ans depuis qu’un gouvernement ontarien a obtenu la majorité du vote populaire. Cette iniquité persistante alimente une énorme frustration. Les citoyens ont le sentiment que voter ne sert à rien. L’élection de juin a vu un faible taux de participation record, signalant une maladie démocratique purulente.

Il n’a pas à être de cette façon. De nombreux systèmes plus efficaces, généralement appelés représentation proportionnelle, sont utilisés dans le monde.

La représentation proportionnelle apporterait de nombreux avantages. Les électeurs sentiraient que leurs bulletins de vote signifient quelque chose et ne sont plus « gaspillés ». Les partis politiques se comporteraient différemment, sachant que leur vote total à l’échelle de la province serait significatif. Ils ne présenteraient pas tous leurs meilleurs candidats dans des circonscriptions aléatoires. Nous ne gaspillerions pas les talents de ceux qui veulent faire du service public. Ce ne sont là que quelques-unes des raisons pour lesquelles la représentation proportionnelle serait un excellent tonique pour notre démocratie en difficulté.

La réintroduction des loups dans le parc national de Yellowstone aux États-Unis illustre comment un changement mineur peut avoir des effets d’entraînement importants et positifs sur l’ensemble de l’écosystème.

En 1926, la dernière meute de loups de Yellowstone a été exterminée. Sans prédateurs, la population de wapitis du parc a soudainement explosé, conduisant à des terres stériles et surpâturées. Les arbres ne poussaient plus près des berges, ce qui entraînait une érosion constante. Les oiseaux et autres créatures ne pouvaient plus se nourrir des charognes des loups tués. La santé du parc s’est détériorée.

En 1995, 14 loups du Canada ont été relâchés dans le parc pour aider à l’équilibre de la nature. L’impact positif des loups s’est répercuté sur tout l’écosystème du parc. Les élans ne pouvaient plus dépouiller toute végétation des berges car elles étaient trop exposées aux loups. Elk est retourné dans les bois. Les arbres et la végétation des berges (végétation riveraine) ont alors repris vie, empêchant l’érosion.

La nouvelle végétation a fourni des maisons et de la nourriture à un nombre croissant d’oiseaux. La population de familles de castors dans le parc a augmenté, car elles avaient maintenant des arbres à proximité pour construire des maisons. Cela a fait monter en flèche le nombre de poissons et d’autres créatures aquatiques.

La réintroduction des loups à Yellowstone a insufflé au parc une nouvelle vie et une nouvelle énergie, en grande partie imprévues. Aucun aspect du parc n’a été épargné. Beaucoup de gens se sont opposés au retour des loups, mais le reconnaissent maintenant comme un succès retentissant.

Notre système électoral est dépassé et sclérosé. Il est temps de lâcher les loups démocrates. Nous méritons un écosystème politique moderne qui donne aux électeurs l’assurance que leurs opinions sont représentées et respectées.

Bill Gillies était attaché de presse de l’ancien chef du NPD Ed Broadbent et ancien membre du comité de rédaction du Star.

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