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Le Parti vert fédéral n’est plus qu’une triste blague

Il est difficile de savoir s’il faut se moquer du Parti vert fédéral ou s’en plaindre.

C’est parce que les Verts, qui mènent des combats internes vicieux depuis près de deux ans, sont maintenant confrontés à une nouvelle crise majeure provoquée par des batailles internes encore plus toxiques.

Les conflits sont si graves qu’ils soulèvent des questions légitimes quant à l’avenir du petit parti qui portait autrefois les espoirs et les rêves de nombreux électeurs qui s’étaient acharnés contre les principaux partis politiques du Canada pour ce qu’ils considéraient comme traîner les pieds en matière de changement climatique, de pollution et de d’autres questions qui leur sont chères.

Aujourd’hui, cependant, le Parti vert fédéral s’est détérioré au point qu’il semble être aussi dysfonctionnel qu’une commune hippie des années 1960, sans personne en charge et chacun faisant son propre truc sans véritable supervision d’un adulte.

En effet, les Verts ne sont plus qu’une triste plaisanterie.

Les derniers combats, tels que révélés ces derniers jours par les journalistes Alex Ballingall et Raisa Patel du bureau d’Ottawa du Star, tournent autour des plans du parti de soumettre son prochain chef à des évaluations internes “continues” de la performance par le tout-puissant organe directeur du parti.

Deux candidats potentiels à la direction ont déjà exprimé de sérieuses inquiétudes au sujet des examens, l’un d’eux, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, le qualifiant de “presque sabotage” car cela entraînera des luttes de pouvoir sans fin entre le chef du parti et l’instance dirigeante.

Et à peine Tyrrell avait-il parlé que le porte-parole du parti, George Orr – avec ou sans l’approbation de la direction du parti – s’en est pris à lui, l’appelant “quelqu’un qui gâche un combat qui n’a pas pris la peine d’y prêter attention”.

Ajoutant à la dernière tourmente, les règles récemment publiées par le parti pour sa course à la direction ont été qualifiées de si restrictives que même Elizabeth May, l’ancienne chef nationale populaire, ne serait probablement pas qualifiée pour être sur le bulletin de vote. Il existe maintenant une règle stricte selon laquelle les candidats, à l’exception des candidats autochtones, doivent être fonctionnellement bilingues en français et en anglais.

La règle signifie essentiellement que peu de candidats de l’Ouest canadien, voire aucun, pourront se présenter à la direction, qui débutera en août. Les candidats survivants au premier des deux tours de scrutin seront annoncés le 14 octobre.

Cela fait suite à deux ans de nouvelles négatives, en grande partie auto-infligées, qui ont vu le parti subir un revers massif lors des élections de 2019, remportant seulement deux sièges, voyant son total de voix chuter de près des deux tiers, la démission de sa dirigeante Annamie Paul (elle a qualifié son mandat de dirigeante de la pire expérience de sa vie), des allégations mijotées de racisme et d’antisémitisme, le licenciement de membres du personnel du siège et une énorme baisse des adhésions au parti et des dons en espèces.

Ce qui émerge est l’image d’un parti qui s’est égaré et qui est maintenant dirigé par une collection d’activistes importants.

Les partis politiques meurent. Cela s’est produit à maintes reprises au Canada, tant au niveau fédéral que provincial. Vous souvenez-vous du Parti crédit social ou du Parti progressiste-conservateur du Canada?

Il n’y a pas de cause primordiale unique à la disparition d’un parti, mais même les partisans les plus purs et durs abandonneront un parti s’il est continuellement plongé dans des luttes internes, perd son sens de l’orientation et voit de profondes scissions émerger entre la direction du parti, le personnel du siège et l’ensemble des membres – tout ce que les Verts fédéraux vivent en ce moment.

Bien que le Parti vert insiste sur le fait qu’il a un certain impact sur les politiques gouvernementales, il n’y a pas un seul exemple de loi ou de règlement que le parti peut citer avec certitude qu’il a vu le jour en raison de l’influence du parti.

La réalité est que des changements politiques majeurs, y compris ceux touchant l’environnement, sont plus susceptibles de se produire en raison de pressions exercées au sein des principaux partis, notamment le NPD et les libéraux.

Pour les Verts, le rêve est mort. Il est temps de fermer les portes.

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