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Le spa proposé de la Place de l’Ontario mieux adapté aux terrains du CNE

Le gouvernement de Doug Ford veut créer un spa de rêve sur une bonne partie de la Place de l’Ontario. Mais si Thermesle promoteur de villégiature autrichien, le construit, viendront-ils ?

La question de la viabilité commerciale de ce projet de 350 millions de dollars est restée largement en marge d’un débat qui a porté sur l’architecture patrimoniale de la Place de l’Ontario, son accessibilité et, depuis la semaine dernière, la conception controversée pour la structure massive proposée pour l’ouest de l’île.

Il me semble que si Queen’s Park va placer un si gros pari sur un programme de loisirs sans antécédent en Amérique du Nord, nous devons nous demander si le plan de Therme fonctionnera à l’endroit où il a été proposé.

Certaines préoccupations évidentes sautent aux yeux. La construction sera compliquée et coûteuse, car il n’y a pas d’accès routier au site, qui a été constitué de débris de construction submergés qui devront être transportés. La nappe phréatique est là où vous vous attendez à ce qu’elle soit, et l’emplacement lui-même se situe entre 200 et 500 mètres à pied du parking et du transport en commun, ce qui sera beaucoup moins amusant entre novembre et avril qu’en été.

Le coût du chauffage et de la climatisation de cette installation — qui, selon Diamond Schmitt’s rendussera en grande partie enfermé dans du verre – sera énorme et à forte intensité de carbone et toutes ces dépenses d’exploitation et de construction devront être récupérées sur la vente des billets.

Nous devons également réfléchir au problème de l’éléphant blanc : que se passe-t-il si tous les amateurs de spa promis ne se matérialisent pas et que Therme se retire ? Et si nous le construisons et qu’ils ne viennent pas ?

Plans de réaménagement de la Place de l'Ontario par Therme.

Il existe une bien meilleure solution, commercialement, et elle se cache bien en vue : le vaste stationnement du CNE directement au sud du BMO Field, qui est de la même taille que le site du spa.

Pourquoi? Comme le dit la vieille blague, emplacement, emplacement, emplacement.

L’automne dernier, le conseil municipal a approuvé la deuxième phase du complexe Hotel X – un hôtel de 400 chambres adjacent à un stade « e-sports » de 7 000 places, qui sera situé sur le terrain de stationnement au sud du centre Enercare. Le site comprendra un parking souterrain.

Il semble aveuglément évident que le lieu naturel d’un complexe thermal destiné aux touristes serait à côté d’une autre attraction touristique ouverte toute l’année plutôt qu’à l’autre bout d’une promenade balayée par le vent. Ce parking en friche, qui abritait autrefois le stade d’exposition, est proche de l’hébergement, du transport en commun (y compris la ligne Ontario, lorsqu’elle ouvrira en 2030) et de toutes les autres commodités du CNE – les salons professionnels, le Midway, le Coca- Cola Centre, BMO Field, etc.

Plans de réaménagement de la Place de l'Ontario par Therme.

Du point de vue du marketing de destination, un site sur le terrain de l’exposition est tout à fait logique, surtout compte tenu de l’importance des coûts en capital impliqués.

Comme je l’ai écrit cette semaine dans Espacementla ville et la province pourraient faciliter ce déménagement en acceptant un échange de terrain – la Place de l’Ontario devient un parc urbain indispensable avec une salle de concert bénéficiant de droits acquis, et Queen’s Park peut offrir un emplacement beaucoup plus viable sur le plan commercial à un investisseur international, avec toutes les synergies que cette proximité apportera.

Il y a une génération, lorsque John Bitove a proposé à Mel Lastman ce qui allait devenir le Direct Energy Centre, il a ouvert la voie à l’évolution du parc des expositions vers une véritable destination toute l’année ; l’ajout régulier de nouvelles attractions continue de valider sa vision. Le spa Therme est parfaitement logique dans cet environnement, tout autant qu’il n’a aucun sens dans un cadre où il ne convient pas, physiquement, esthétiquement ou commercialement.

Plans de réaménagement de la Place de l'Ontario par Therme.

Un échange de terrain, à mon avis, respecte la vision civique du premier ministre Bill Davis pour la Place de l’Ontario et le patrimoine architectural et paysager créé par Eb Zeidler et Michael Hough. Cela renforce la notion de David Crombie d’un front de mer naturalisé et public. Il respecte pleinement la volonté de Doug Ford de faire en sorte que l’Ontario soit un endroit accueillant pour les investisseurs étrangers.

Et il offre à la ville de Toronto un grand parc prêt à l’emploi à une époque où les principales propositions de parcs du centre-ville ont été rejetées ou considérablement édulcorées en raison de la flambée des prix des terrains.

Une quadruple victoire. Nous devons demander à nos dirigeants pourquoi ils l’ont ignoré.

John Lorinc est un journaliste torontois et rédacteur en chef du magazine Spacing.

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