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Pourquoi le changement climatique touche-t-il votre portefeuille – et ce que nous pouvons faire à ce sujet

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez aux coûts du changement climatique ?

S’agit-il de champs desséchés ou de vagues de chaleur sans précédent ? Un feu de forêt balayant une ville en Colombie-Britannique ou en Alberta? Une maison engloutie par une rivière en crue au Manitoba ou au Québec?

Ces événements sont dévastateurs et mémorables — et oui, ils représentent certains des coûts des changements climatiques que le Canada paie déjà.

Mais le changement climatique ne se résume pas à des phénomènes météorologiques extrêmes isolés. Il ne s’agit pas de coûts pour quelqu’un d’autre, ailleurs, à un moment donné dans le futur. Les coûts du changement climatique sont déjà là aujourd’hui. Ils font déjà grimper le coût de la vie pour les Canadiens, et ils augmenteront considérablement dans les années à venir.

Le changement climatique atteint votre portefeuille de centaines de façons, des factures d’épicerie plus élevées en raison de la perturbation de la chaîne d’approvisionnement, à la flambée des primes d’assurance sur votre maison et votre chalet, aux inévitables hausses d’impôts pour payer les dommages climatiques et les infrastructures à l’épreuve du climat.

C’est le principal point à retenir d’un prochain rapport, publié mercredi, par le Institut canadien du climat: les impacts des changements climatiques sont un frein actuel et croissant à l’économie, faisant chuter le PIB, déprimant les investissements et les exportations et tuant des emplois — et les Canadiens en supporteront le poids. Les ménages sont confrontés à un double coup dur : le changement climatique fait grimper les dépenses, tandis que les opportunités économiques s’évaporent en raison du ralentissement de la croissance.

Depuis plus de trois ans, l’Institut canadien du climat effectue des recherches sur les coûts des changements climatiques, et ces recherches ont abouti au rapport intitulé « Contrôle des dommages : réduire les coûts des impacts climatiques au Canada ». Nous avons exécuté 84 scénarios différents, dont deux scénarios distincts d’émissions mondiales et une gamme d’impacts plausibles du changement climatique au Canada, et testé les résultats par le biais d’un processus d’examen par des experts pour révéler l’image la plus détaillée à ce jour de ce que le changement climatique fait au Canada. économie.

La découverte la plus importante est peut-être la suivante : le changement climatique n’est plus une menace lointaine ; c’est ici aujourd’hui, et cela nuit vraiment à l’économie canadienne. Nos recherches montrent que dès 2025 – dans un peu plus de deux ans – les dommages causés par le climat ralentiront la croissance économique du Canada à hauteur de 25 milliards de dollars par an, soit environ la moitié de la croissance annuelle prévue de notre économie. Au-delà de 2025, les dommages s’intensifieront, supprimant potentiellement un demi-million d’emplois d’ici 2050 et près de trois millions d’emplois d’ici la fin du siècle.

Heureusement, le Canada n’est pas impuissant face à cette menace. Nos recherches montrent que des mesures d’adaptation proactives pour protéger les Canadiens peuvent réduire de moitié les coûts des changements climatiques. Le Canada doit rapidement intensifier ses stratégies d’adaptation et d’investissement pour correspondre à l’ampleur du risque auquel nous sommes confrontés, en commençant par le prochain Stratégie nationale d’adaptation. Pendant trop longtemps, la réponse du Canada n’a pas été à la hauteur de l’ampleur de la menace climatique.

Investir dans l’adaptation est une évidence. Un dollar investi aujourd’hui dans des mesures d’adaptation rapportera 15 $ : 5 $ en bénéfices directs, comme la réduction du coût de réparation des infrastructures endommagées, et 10 $ en bénéfices indirects, comme l’évitement des coûts des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et le maintien de la productivité du travail.

De toute évidence, limiter la déstabilisation climatique doit également être une priorité. Si le Canada et d’autres pays réussissent à réduire leurs émissions conformément à leurs objectifs en plus d’une adaptation proactive ici chez nous, “Damage Control” constate que les futurs dommages climatiques à notre économie et la réduction de notre PIB pourraient être réduits des trois quarts.

Pendant des années, nous avons collectivement sous-estimé les coûts de l’inaction face au changement climatique et sous-évalué les avantages de l’atténuation et de l’adaptation. L’inaction, il s’avère, coûte très cher.

Les impacts du changement climatique ne se manifestent pas seulement comme des pertes catastrophiques, comme la perte de votre maison à la suite d’une inondation ou d’un incendie. Ils commenceront de plus en plus à apparaître comme l’encre rouge sur votre solde bancaire, la perte d’un emploi, la baisse de la valeur de votre pécule de retraite et le stress des dépenses qui s’accumulent alors que les revenus ralentissent.

Coûts du changement climatique. Mais nous avons la possibilité d’agir maintenant et de réduire la facture jusqu’à 75 % avant qu’elle ne soit entièrement exigible.

Dave Sawyer est le principal économiste du Institut canadien du climat. Ryan Ness est directeur de la recherche sur l’adaptation à l’Institut canadien du climat. Leur rapport macroéconomique « Damage Control : Reducing the Costs of Climate Impacts in Canada » sort le 28 septembre.

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