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Repenser la consommation d’alcool | L’étoile

Tout va bien avec modération, va le conseil. Eh bien, en ce qui concerne l’alcool, la définition de la modération a été radicalement redéfinie.

Nouvelles directives du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances disent maintenant que plus de deux consommations par semaine vous exposent à un risque « modéré » de conséquences sur la santé causées par l’alcool.

C’est un changement qui fait claquer la tête. Les auteurs des nouvelles recommandations le concèdent, écrivant : « nous devons vous dire quelque chose de différent de ce que nous avons fait par le passé ».

En effet, c’est différent, comme dans « Je ne pense pas que j’en aurai un autre », différent. La nouvelle orientation est fortement réduite par rapport au conseils en 2011 qui prévoyait 11 verres par semaine pour les femmes et 15 pour les hommes. Ce qui était autrefois les limites recommandées pour une “occasion spéciale” – trois verres pour les femmes et quatre verres – tombe désormais en territoire risqué.

Le rapport justifie le changement en affirmant que la science a évolué et que la consommation d’alcool est désormais considérée comme plus risquée qu’elle ne l’était auparavant. “Nous savons maintenant que même de petites quantités d’alcool peuvent être nocives pour la santé.”

C’est la base de la nouvelle orientation. Deux verres par semaine permettent d’éviter les risques pour la santé liés à la consommation d’alcool. Trois à six verres augmentent le risque de cancers. Sept verres ou plus augmentent « de manière significative » le risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie cardiaque.

Ne pensez pas que votre choix d’alcool vous permettra de boire un peu plus. Le vin n’est pas meilleur que la bière. Et la bière n’est pas meilleure que les spiritueux, disent-ils.

Selon les nouvelles directives, même les habitudes des buveurs sociaux légers pourraient bien être considérées comme risquées. La réduction assez drastique de la consommation d’alcool au cœur des recommandations a a déclenché un débat si les risques sont surestimés, si les directives sont trop strictes et quel rôle d’autres risques liés au mode de vie, comme le tabagisme et l’alimentation, jouent dans l’équation. Les directives américaines, par exemple, recommandent de limiter les boissons alcoolisées à deux verres par jour pour les hommes et à un verre ou moins par jour pour les femmes.

Nous laisserons ce débat aux experts.

Pour ceux qui consomment de l’alcool, ce n’est pas une mauvaise chose – ou un mauvais moment – de considérer ses habitudes de consommation. Les fermetures pandémiques ont conduit certains à boire davantage. L’ennui et la solitude figuraient parmi les raisons citées dans un Enquête de Statistique Canada. Lors de conversations avec des patients, les médecins ont appris qu’un verre devenait deux, puis trois.

Le thème général de ces recommandations est donc bon à garder à l’esprit – moins d’alcool, c’est mieux. Combien moins est un choix individuel, comme les nombreux autres choix de vie que nous faisons chaque jour – salade ou frites, aller se promener ou rester assis sur le canapé, traverser la rue à contre-jour. Pour certains, deux verres par semaine peuvent être acceptables, d’autres trois ou quatre. Certains peuvent choisir de s’abstenir complètement.

Le rapport approuve les étiquettes d’avertissement sur les risques pour la santé et indique qu’elles devraient également indiquer le nombre de boissons standard dans un récipient pour aider les individus à être conscients de leur consommation. Cette page a soutenu une législation qui rendrait obligatoires les étiquettes d’avertissement sur l’alcool.

“Bien que le Canada soit un chef de file mondial dans l’imposition d’étiquettes améliorées sur les emballages de tabac et de cannabis, les contenants d’alcool sont exemptés de ces exigences”, indique le rapport.

Sans surprise, les nouvelles directives sur la consommation hebdomadaire d’alcool se révèlent controversées. Mais aller de l’avant sur les étiquettes obligatoires aiderait les individus à être mieux informés sur les choix qu’ils font.

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